Rapport sur le voyage de prise de contact à la Havane Cuba

1. Rappel des objectifs

Prise de contact sur le terrain avec les responsable locaux, les fabriquant et réparateurs de guitares et autres instruments à cordes pincées. Evaluation de la demande en moyens techniques, formateurs et autres.


2. Contacts et coordonnées
Eduardo Fortun Abella (mireya.gonzalez@lr.org)
Orlando Pirez 369 Acosta entre Picota et Curazao
Kresla (kresla@oci.ohdireco.cu)
Gertraud Ojida (sanfransisco@cultural.???.cu )
Santiago Rodríguez González (urfe@cubarte.cult.cu )
Abel Garcia Lopez (abel_garcialopez@hotmail.com et abel_garcialopez@yahoo.com),
Raoul Large junior (luthierlage@yahoo.com )
Jorge Luis Gonzalez Alvarez (sonoc@cubarte.cult.cu )
Ramon Fernandez Torres (oria@cip.telemar.cu )
3. Prises de contact, emploi du temps
- Arrivé le 21/11 à la Havane, rencontre avec Kresla, représentant l’office de historien.

- 22 et 23/11 : visite la Havane et prise de contact avec des musiciens locaux qui m’ont donné l’adresse d’un luthier à la vieille Havane : Orlando Pirez.

- 24/11 : RDV Au couvent avec Eduardo Gonzales et Gertraud Ojida, la directrice du couvent. Prise de contact et demande de renseignements sur les besoins en lutherie pour guitare des différentes institutions. Après quelques présentations nous avons conclu de nous retrouver avec des représentants de différentes écoles de musique. Dans le même metting, j’ai rencontré Santiago Rodríguez González responsable d’organologie au musée de la musique de La Havane avec lequel j’ai visité la fabrique de guitares au 102 rue Pedroso. La fabrique est en piteux état : difficulté de trouver de la main d’œuvre qualifiée, approvisionnement en bois de lutherie très difficile. C’est un thème récurent : la pauvreté de Cuba en bois pour les tables d’harmonies. Un luthier Mexicain, Abel Garcia Lopez, vient une fois par ans donner des cours et aider à développer la lutherie. Il rencontre le même problème à chaque fois : le personnel change si souvent qu’il est obligé de redonner ses cours depuis le début à chaque séjour !

- 25/11 : Comme convenu avec Natividad, l’une des luthiers travaillant sporadiquement pour la fabrique, nous avons visité l’atelier officiel de réparation d’instruments de musiques.

L’atelier est dans un état catastrophique, il manque de tout. Le responsable, Auro Morales, m’a donné une liste de 2 pages comprenant tout ce qu’il manquait. Ils ont une cabine de peinture mais pas de pistolet à peindre, des machines mais pas de pièces de rechange, ni même de papier de verre.
Plus tard, j’ai rencontré le premier luthier sérieux et efficace : Raoul Large junior. Avant il travaillait à la fabrique mais il a repris l’atelier de son père qui vit depuis quelques années à l’étranger. Il est exceptionnellement bon.

- 26/11 : Journée à la fabrique pour donner des cours sur la fabrication de guitares aux luthiers. Discussions avec la direction au sujet de potentiels luthiers qui viendraient aider à la mise en place d’une équipe compétente de fabricants. Ils sont avides de connaissance et espèrent avoir de l’aide pour former les travailleurs. La direction, Jorge Luis Gonzalez Alvarez propose de loger et nourrir ces personnes (je recommande fortement de subvenir à leur nourriture par nos moyens !). J’ai revu Raoul Lage qui m’a invité à dîner chez lui et qui m’a donné les coordonnées de Abel Garcia Lopez. Nous avons parlé du mal qu’ont les luthiers a avoir un statut déclaré. Lui est d’ailleurs déclaré tailleur sur bois ! Et les difficultés en approvisionnement en bois de lutherie.

- 27/11 : Journée au musée à estimer leur collection. Il y a de tout, depuis la guitare exceptionnelle jusqu’à la pire des guitares de débutant. Quelques instruments intéressants : guitares fabriquées en 1900 à Buenos Aires et des instruments Américains de la même période : Ukulélé, taro patch MARTIN et autres banjo. J’ai fait plus ample connaissance avec Santiago Rodríguez González et sa nouvelle collaboratrice conservatrice, Ivette Leon Alari.

- 28/11 : Nouveau RDV au Couvent en présence d’Andrea Mesa, directrice de méthodologie du Centre National des écoles d’art, Kresla, Gertraud Ojida et Mercedez Esteves, vice doyenne de la faculté de musique institut supérieur d’art, et Ramon Fernandez Torres 10A rue Estrella entre Calsada Bejucal et Matansas Arrollo Naranjo luthier depuis 30 ans et impliqué dans le projet de formation. Malheureusement des dégâts produits par les intempéries ont empêché Eduardo Gonzalez de participer à la réunion. Tous sont d’accord pour dire qu’il faut absolument former des luthiers, aussi bien en réparation qu’en fabrication dans une institution Cubaine. L’après midi, j’ai continué la classification au musée.

- 29/11 : Suivant les instructions de Ramon Fernandez Torres je suis passé voir Francisco Eduardo Fortun Abella rue Infanta n°417 entre Santa Teresa et Cintra municipalité du Cerro CP, un très bon luthier qui est pourtant obligé de vivre de sa fabrication d’humidificateurs pour cigares. Repassé avec lui chez Orlando Pirez et rencontre de ses deux aides, dont une femme, Mayra.

- 30/11 : otite.

- 01/12 : J’ai rencontré les apprentis pour la seconde fois et j'ai convenu de la place finale des installations de l’atelier demandées pas Paul Jacobs à son dernier voyage. Le mauvais temps a un peu chamboulé les plans, seul l’un des apprentis, Lasaro, était présent. Dernier jour de travail au musée, sur les instruments des vitrines. RDV à 19h à l’appartement avec Ramon Fernandez Torres qui m’a renseigné sur ce qui avait déjà été fait et sur ce qui restait encore à faire dans la lutherie à Cuba.

- 02/12 RDV au musée avec la sous directrice, le directeur ne pouvant pas assister à la réunion, pour établir des liens de participation dans la formation de luthiers spécialisés dans la restauration des instrument du musée. Ils se proposent de loger ces personnes à leurs frais.

- 03/12 départ.
4. Conclusions et recommandations
Voici mes propositions pour une aide à Cuba
4.1. -Formation de réparateurs
Le plus urgent est de former des réparateurs locaux compétents. L’école de musique supérieure compte créer dès la rentrée prochaine une filière guitare/violon en fabrication et réparation. Cela est peut-être trop ambitieux : ils n’on pas d’élèves avec une connaissance du bois ni de matériel. Il serait plus logique de créer cela sous l’hospice de Eduardo Gonzalez en présence d’un luthier local tel que Ramon Fernandez Torres pour ce qui est des guitares. Ce qui permettrait à cette école de dépendre de l’office de l’historien de la vieille Havane, partenaire avec qui nous avons les meilleurs rapports. De plus, nous pouvons essayer de coordonner nos actions avec Abel Garcia Lopez qui, étant Mexicain, est bien mieux placé géographiquement pour donner des cours et trouver d’autres formateurs parlant espagnol. L’idéal serait d’avoir la présence d’un luthier-professeur pendant au moins 2 semaines par trimestre ce qui permettrait un suivi des étudiants sur toute la période d’apprentissage. L’idée évoquée de tenir un journal de classe pour chaque élève est très bonne car même si le professeur change il y a une trace écrite des progrès ou faiblesses des élèves individuellement pour le suivant.
4.2. Musée de musique
Une aide par l’envoi de spécialistes serait possible, en coordination avec le MIM de Bruxelles. Le problème sera de trouver des spécialistes parlant aussi espagnol. Un contact avait déjà été pris dans ce sens avec une responsable du MIM de Bruxelles. Pour cela aussi l’aide en logement proposée par le musée de La Havane est indispensable pour rendre viable économiquement cette coopération. Toutefois il faut tenir compte du caractère un peux trop ambitieux de
Santiago Rodríguez González au sujet de la création dans son musée d’un centre mondial d’organologie avec leurs propres critères de référence.

4.3. Fabrique de guitares
Sur ce point également, Abel Garcia Lopez pourrait nous aider à former des fabricants. C’est un travail de longue haleine mais aussi longtemps que des guitares de qualité ne seront pas fabriquées à La Havane, notre travail sera inutile à long terme. Ils ont aussi besoin d’aide dans leurs contactes pour acheter de la matière première avec une personne s’y connaissant vraiment en lutherie. Les derniers voyages/achats avaient été fait par une personne très peu qualifiée. Ils ont aussi l’idée de vouloir participer à la foire de Frankfort pour pouvoir trouver des négociants qui puissent les fournir en bois et pièces détachées. L’idée de les accompagner pour servir de traducteur et de lien n’est peut-être pas mauvaise.
4.4. Luthier privés
Les luthiers privés survivent, des plus ou moins 200 luthiers que LA Havane comptait au début du siècle il n’en reste que 4. Ils demandent juste la possibilité de pouvoir acheter des bois et outils de qualité. Ils sont les derniers représentants de la profession sur place et peu ou aucun n’ont d’apprentis pour continuer. A leur disparition, La Havane ne comptera plus aucune aide locale en se qui concerne les guitares. Car ni la Fabrique ni le musée n’ont vraiment de documentation ou de savoir faire en fabrication d’instruments de qualité.